Syndicalisme version 2.1

La Revue Nouvelle n° 2/ 2019
Première édition

Le mouvement dit des « gilets jaunes » aura pris de court bien du monde, à commencer par les syndicats. Si ces derniers ne détiennent assurément pas le monopole des luttes sociales, il est significatif qu'un mouvement de contestation socioéconomique de cette ampleur soit né en marge de leurs rangs. Lire la suite

Le mouvement dit des « gilets jaunes » aura pris de court bien du monde, à commencer par les syndicats. Si ces derniers ne détiennent assurément pas le monopole des luttes sociales, il est significatif qu'un mouvement de contestation socioéconomique de cette ampleur soit né en marge de leurs rangs. D’aucuns y verraient même un échec, voire une « faillite » des syndicats qui feraient désormais l’objet de la même défiance que d’autres institutions telles que les partis politiques et les médias. Qu’en pensent exactement les principaux intéressés ? Le président de la FGTB et la secrétaire générale de la CSC se sont montré·e·s prudent·e·s, l’un affirmant que « les gilets jaunes ont évidemment raison, ils disent la même chose que ce que nous disons depuis des années. La cause qui est défendue par les gilets jaunes et celles que nous défendons, nous syndicats, est exactement la même », tandis que l’autre indique : « il y a pas mal d’endroits où aujourd’hui des points de rencontre sont organisés entre les délégués, les militants syndicaux et des gilets jaunes. Parce que les luttes sont communes, même si les moyens de l’exprimer leur sont propres. » Ces formules consensuelles semblent traduire cependant une volonté de ne pas trop visibiliser le fossé qui s’est creusé avec certaines franges de la population, voire de leurs propres militant·e·s. Car si une part importante reste persuadée de la nécessité des syndicats, la méfiance à leur égard (y compris parmi les personnes syndiquées) est tout de même plus répandue que la confiance. Cela étant dit, d’autres responsables syndicaux ont émis des analyses plus tranchées. C’est le cas, par exemple, du président de la FGTB Verviers qui voit l’émergence du mouvement des gilets jaunes comme un signal d’échec de la stratégie adoptée par les syndicats ces dernières années. De son point de vue, une forte pression aurait dû être maintenue sur le gouvernement fédéral après les grandes mobilisations syndicales de 2014 plutôt que d’arrêter les actions, contre l’avis d’un certain nombre de militant·e·s d’ailleurs. Pour finir en effet, cette accalmie n’a pas permis aux syndicats de négocier une véritable inflexion de la politique fédérale tout en compliquant par la suite la reprise d’une mobilisation de masse. En prolongeant cette réflexion, on pourrait d’ailleurs s’interroger sur les répercussions de ces errements stratégiques quant à la baisse du nombre d’affilié·e·s syndicaux observée dernièrement après plus de vingt ans de hausse. À rebours de cette analyse, le secrétaire général de l’interrégionale wallonne de la FGTB reproche aux gilets jaunes d’apporter des réponses inadéquates et partielles aux questions légitimes qu’ils soulèvent (concernant le prix des carburants notamment). De son point de vue,les syndicats sont les dernières organisations à formuler une analyse globale des problèmes socioéconomiques, ce qui explique la défiance dont ils font l’objet auprès des gilets jaunes.


Livre broché - 12,00 €

Spécifications


Éditeur
La Revue nouvelle
Auteur
La Revue Nouvelle,
Revue
La Revue Nouvelle
ISSN
00353809
Langue
français
Catégorie (éditeur)
Sciences économiques et sociales > Sciences politiques et sociales
Catégorie (éditeur)
Sciences économiques et sociales
Code publique Onix
06 Professionnel et académique
Date de première publication du titre
12 mars 2019
Type d'ouvrage
Numéro de revue

Livre broché


Details de produit
1
Date de publication
12 mars 2019
ISBN-13
00353809201902
Ampleur
Nombre de pages de contenu principal : 77
Code interne
00353809201902
Format
16 x 25 cm
Poids
143 grammes
Prix
12,00 €
ONIX XML
Version 2.1, Version 3

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